Archive pour la Catégorie 'AU FIL DU TEMPS… A'

L’arbre tombe…

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Sologne  © Bernard Perroy

L’arbre tombe

à nos pieds…

 

Son ombre ne sera plus,

 

mais elle se poursuivra

au fil de nos parcours,

de nos conversations,

 

dans nos mots,

 

avec le nom de l’arbre,

ses feuilles,

ses mouvements

sous le vent,

 

ses jeux de lumière

quand il se laissait caresser

par le ciel,

 

avec tous les bienfaits

de sa fraicheur

encore,

 

parenthèse de paix

dans le charivari

de nos paysages intérieurs.

 

Bernard Perroy

 

 

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Sologne  © Bernard Perroy

* 

Le jeu de la vie…

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Le Vieil  © Bernard Perroy

Le jeu de la vie,

ses poids et ses mesures,

tous ces mots

que l’on ne comprend pas

dans l’atelier du temps,

 

la longue nuit

qui précède la brise

et les rayons lumineux

d’un enfantement…

 

Devant tout cela,

les hommes

ont besoin du calcul et des chiffres,

même lorsqu’ils se perdent

dans la mathématique de l’infini,

 

mais qui sait déchiffrer

le chant profond,

la longue histoire

- et si courte, de chacune de nos vies ?

 

Qui sait comment lancer

la toupie du mystère

qui en nous, silencieusement,

 

s’agite ?

 

Bernard Perroy

*

Que dire ?

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Anafora (Égypte)  © Catherine Deher

à Guislaine Lejard,

Les mots sont-ils

ces petits ponts jetés

d’un silence à un autre ?

 

Sont-ils ces frêles embarcations

qu’un moindre vent chavire ?

 

Ou bien encore ces murs

dangereusement dressés

pour éviter

le chemin des surprises ?

 

Que dire

et quel chant faire lever

au plus près de nos pas,

au plus juste des attentes du coeur ?

 

Bernard Perroy

 

 

*

Au plus profond…

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Désert de Scété (Égypte)  © Cath. Deher

N’oublie pas ta soif,

cette main tendue qui t’appartient

sortie de terre ou des ruines,

que tu voudrais si vite évacuer…

 

N’oublie pas

ta part de lumière

malgré la pente des ombres

et les circonvolutions de ta mémoire rétive…


N’oublie pas l’enfance

et le ciel et toute cette attente

tandis que tu chantes à la fenêtre

en déposant l’assiette du jour pour les oiseaux…


N’oublie pas cet éphémère murmure

et son cortège d’images, d’usure, de mots,

de masques, de gestes,

 

tous ces reliefs

et ces lignes du langage,

 

échos de nos recherches

ou échos de la source,

multiples reflets et rumeurs

de ce qui nous attire au plus profond…

 

Bernard Perroy

 

*

Je me tiens en silence…

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Je me tiens en silence…  © Nathalie Billecocq

Je me tiens en silence
devant l’ordre des troncs
qui s’élancent paisibles et droits.

Ils s’en vont rejoindre,
avec toute la légèreté du monde,
ces entrelacs de branches
aux traits si fins que la couleur ébène
se transforme en dentelle…

Je me tiens en silence
quand je vois les arbres
se détacher sur fond de sable,

comme ils le font en Sologne
ou dans toute autre contrée imaginaire,

s’entremêlant sous le calme apparent
- pour quel degré de misère

ou de gloire ? -
avec ces quelques coulées d’or

ou de sang…

Bernard Perroy

*

(Retrouvez « Miroir pour l’arbre »,  peintures N. Billecocq / textes B. Perroy

parmi les références en marge ci-contre)

Les volets bleus…

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Noirmoutier  © Bernard Perroy

« Tout est regard…
Un bonheur naît soudain
et nous métamorphose. »
Georges Bonnet

La porte se ferme
et les ombres sur le mur
s’intensifient.
 
C’est comme cela
que tu vois les choses,
alors qu’un autre passe
et se laisse surprendre
par la paix du lieu
et les volets bleus…
 
Un ordre des choses
dans un petit coin
du quartier du Banzeau
qu’habille un peu de verdure…
 
Tout ce qu’il faut

sans doute pour celui
qui s’apprête à peindre
un moment de calme
après la pluie…
 
Bernard Perroy

*

Sur le fil…

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Le Caire  © Catherine Deher

                        

                   à Albert Strickler,

Petit troupeau
d’éclats fragiles
déposés sur le fil
de ton cœur,

tes mots s’envolent
à petits pas dorés
et retombent en pluie fine
pour féconder
la terre.

Bernard Perroy

Pour une grâce de solitude…

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Pour une grâce de solitude…  © N. Billecocq

Loin des tumultes de l’ouragan,
loin des mots inutiles
et des multiples soucis
qu’offre la vie à chaque instant,

tu respires et tu joues comme l’enfant lucide
qui attrape une poignée d’étoiles
à même la terre…

La lumière passe et rougeoie à travers branches et rameaux
en respectant à chacun de tes pas
cet océan de paix
qui te submerge certains soirs
quand tu es attentif
à la brise légère,

au murmure silencieux
d’une louange surprise
en toute grâce de solitude…

Bernard Perroy

 

L’appel de l’aube…

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Rives du Jourdain  © Bd Perroy


L’aube coiffe

sans distinction

l’eau et la terre.

 

Elle asperge de sa lumière

tous les visages,

tous les rivages du cœur,

toutes nos lourdeurs

et nos rides…

 

Elle entame petit à petit

toutes les plaies indurées

et ces barrières construites

avec le temps,

 

piètres vêtements

pour protéger quoi

de nos abîmes intérieurs ?


Bernard Perroy


*




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